Pour mieux comprendre l'histoire du RDR, il faut remonter au décès du Président
Félix Houphouët-Boigny, le 7 Décembre 1993.
Lorsque le corps de Félix Houphouët-Boigny était encore "chaud" et sans sépulture,
le Président de l'Assemblée Nationale Henri Konan Bédié enjambe la dépouille mortelle,
pour s'autoproclamer Président de la République sur le plateau du journal télévisé,
et cela au mépris de la procédure constitutionnelle, qui exigeait, pour la vacance
du pouvoir, que la Cour Suprême l'eût constatée et par ricochet le gouvernement eût
rendu sa démission, avant toute investiture.
Au soir du 7 Décembre 1993, l'histoire de la Côte d'Ivoire connaît une double vitesse.
Si la question de la succession à la Présidence de la République semble avoir trouvé
une issue grâce à la maturité du peuple ivoirien et au bon sens de l'ex-Permier
Ministre Alassane Dramane Ouattara, en revanche celle de la vacance de la présidence
à la tête du Parti Démocratique de COte d'Ivoire, PDCI, demeure un secret (un mystère).
Alors (même) que selon les dispositions statutaires,
la succession à la présidence du PDCI devrait se faire à la suite d'une élection
régulière et démocratique dans le cadre d'un congrès extraordinaire, les instances
dirigeantes du PDCI, restent muettes, notamment le Secrétaire général ; un malaise
général s'installa aussi bien au sommet qu'à la base du parti, le PDCI-RDA.
Djeny Kobina, alors membre du Comité central et
chef de file du mouvement de la rénovation (un courant de pensée à l'intérieur du PDCI),
interpella les instances du PDCI, sur la nécessité de la tenue d'un congrès
extraordinaire, un congrès nécessaire pour donner un souffle nouveau au vieux parti.
Djeny Kobina multiplie ses prises de positions et
fait des déclarations dans la presse en prenant l'opinion à témoin. Sous la pression,
le PDCI lâche du lest.
Le 30 Avril 1994, se tient le congrès extraordinaire.
Un congrès qui a fait fi des statuts et règlements intérieurs du PDCI. Il s'est tenu
en excluant toutes procédures démocratiques qui exigent une élection régulière à la
présidence. Les dés étaient déjà jetés. C'est plutôt à un congrès "prêt à porter"
que l'on a assisté. Les militants n'ont pas eu droit à la parole. Une seule
candidature, celle de Henri Konan Bédié, est enregistrée pour la présidence du Parti...
Coup de théâtre, une main "inconnue"se lève du fond de la salle du Palais des Congrès
de l'Hôtel Ivoire et insiste pour prendre la parole, dans le but de parler du courant
RDR et de ses objectifs. Cette main, c'était celle de Djeny
Kobina, qui hélas sera noyée aussitôt par une cohorte de loubards commis à
la sale besogne d'empêcher toute intervention. Encore une fois, Henri Konan Bédié
s'autoproclame président du PDCI. Le vin est ainsi tiré. Mais Djeny et ses camarades
n'accepteront pas de boire à cette fontaine de vin souillé. La rupture avec le PDCI
est consommée. Tous les militants du PDCI-RDA épris de justice sont frustrés par ce
manquement grave à la pratique de la démocratie à peine commencée en 1990.
Ils sont encore plus choqués par le fait que le congrès n'ait pas exprimé sa
reconnaissance à l'ex-Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara<,
qui venait
d'accomplir, durant trois ans, un travail immense pour sortir le pays du creux de la
vague, et sauver le pouvoir chancelant de Félix Houphouët-Boigny.
Au lendemain du congrès "prêt à porter", le PDCI est confronté à une crise
sans précédent. On assiste à des défections dans les rangs du PDCI. Tous ceux qui
veulent sauvegarder les valeurs républicaines rejoignent Djeny
Kobina(alors traité par le Secrétaire général Dona Fologo de solitaire
perdu dans le désert).
La suite on la connaît.
Les statuts du Rassemblement des Républicains
(RDR) sont déposés le 27 Juin 1994 au Ministère de l'Intérieur. Trois mois plus tard,
soit le 27 Septembre 1994, conformément à la loi, le RDR, devient une réalité vivante et
vivace en Côte d'Ivoire.
La naissance du Rassemblement des Républicains est un évènement récent. Le RDR a vu
officiellement le jour le 27 Septembre 1994. Son accouchement fut douloureux...