Gardienne du noyau dur du régime Gbagbo, ''Simone'' est aussi le totem de son mari-président qui la craint.
(Source: La Lettre du Continent - Publié le: 4/2/2010)
Si l'affrontement n'est plus public entre la première dame Simone Gbagbo et la seconde épouse du chef de l'Etat, Nadiana Bamba, dite "Nady", les deux s'évitent soigneusement. Certes, elles ne boxent pas dans la même catégorie.
"Nady" se contente de la communication présidentielle. Le domaine de la politique et de la gestion de certaines affaires publiques restent sous la forte influence de Simone Gbagbo qui dispose de deux cabinets au sein de la résidence présidentielle de Cocody.
Le cabinet administratif de la première dame est dirigé par le professeur de philosophie Tayoro Gbotta. Le cabinet politique de la vice-présidente du Front populaire ivoirien (FPI) est, de son côté, sous le contrôle de Guédé Zadi, directeur général de la Société des palaces de Cocody (SDPC).
Simone Gbagbo surveille d'autant plus l'état de la machine du FPI qu'elle compte bien s'en servir pour succéder à son mari-président. Le budget de fonctionnement des deux cabinets est inscrit sur les fonds de souveraineté de la présidence, tandis que le complément est apporté par des directeurs généraux de sociétés d’Etat proches de la première dame. "Simone" n'hésite jamais à s'investir dans la gestion des affaires publiques.
En novembre 2009, elle avait ainsi convaincu les enseignants de reprendre le chemin des classes après cinq semaines de grève.
Plusieurs personnalités à des postes sensibles lui rendent souvent compte, telles que le ministre de l’intérieur Désiré Tagro, le chef d'état-major Philippe Mangou et le procureur de la République Raymond Tchimou. Elle a aussi accès à certains rapports des services de sécurité et de renseignement.
Dans les périodes de crise, elle est "le" recours. Laurent Gbagbo lui avait ainsi confié en mars 2006 la direction du Congrès national de la résistance et de la démocratie (CNRD) qu'il avait créé pour pallier les insuffisances du FPI.
Le candidat Gbagbo laisse d'autant plus "Simone" gérer le parti qu'il ne peut remporter une nouvelle élection présidentielle qu'en allant chercher d'autres voix chez ses opposants. Simone Gbagbo identifie son "combat" à trois modèles : Hilary Clinton ; Jehane el-Sadate, l’épouse du président égyptien assassiné en 1981 ; et Winnie Mandela. No comment …