Dans le cadre de ses activités marquant la cérémonie du dixième anniversaire du parti, le Rassemblement des républicains (Rdr) a dédié la journée d’hier, à son premier secrétaire général, feu Djéni Kobena.
Au cours de ces festivités à la rue Lepic à Cocody, les anciens camarades du fondateur du parti des Républicains ont rendu un vibrant hommage à leur compagnon de lutte.
Ouvrant la série des témoignages, le président de séance, M. N’Golo Coulibaly président du conseil général de Korhogo, après avoir souhaité la traditionnelle bienvenue à ses militants et aux différents invités, a indiqué que le Rdr a connu des compromis, des tractations donc une atmosphère trouble dans sa lutte. Selon lui, malgré toutes ces tractations, le Rdr est toujours debout. De ce fait, le parti ne peut que célébrer ses dix ans d’existence sans consacrer une journée à son illustre disparu, feu Djéni Kobina. Quant à Gnaba Guillaume, il a levé un coin de voile sur la vie du fondateur du Rdr. Selon lui, lorsque le gouvernement Bédié a retiré la nationalité à son ancien secrétaire général, ce dernier a eu beaucoup de peine à se voir traiter d’étranger par ceux qui lui déroulaient le tapis rouge au Pdci. Puis, évoquant les missions et les meetings du Fpi, M. Gnaba a précisé que c’est le Rdr qui assurait les financements.
A sa suite, se sont succédé au micro, Ouattara Houssein, Diakité, Lanzeni Koné, Franck Djéni, Patricia Djéni. Tous ont rendu un vibrant hommage au premier secrétaire général du Rdr. Quant au conférencier, le professeur Sidibé Vally, il a retracé la vie de Djéni Kobina. Au dire du professeur, Djéni Kobina Georges était un intellectuel au sens que Jean-Paul Sartre donnait à ce mot, c’est-à-dire que « l’intellectuel est quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas, et qui conteste l’ensemble des vérités reçues et des conduites qui s’en inspirent, au nom d’une conception globale de l’homme et de la société ». Et d’ajouter que « le Rdr est le symbole du refus de l’étouffement de l’esprit critique, de la pensée unique, du baillonnement de l’opposition politique, du refus de l’endoctrinement idéologique à l’intérieur d’un parti ». Tous ces maux, dira-t-il, débouchaient sur la pensée unique qui est la marque des pouvoirs faibles ou mous qui règnent par la terreur, la vengeance haineuse.
C’est pourquoi, Djéni a su tirer profit de cette réalité historique pour créer le Rassemblement des républicains (Rdr). Poursuivant, le conférencier a souligné qu’après la faillite du communisme triomphant et les balbutiements du néo-libéralisme, Djéni Kobina, en véritable historien éclairé, a créé un parti politique qui s’enracine dans le réalisme politique « le parler vrai », le pragmatisme, la concertation, le respect de la dignité humaine, l’engouement en faveur des droits de l’Homme et de la libération des peuples. Cet idéal à en croire Sidibé Vally, sous-tend l’hymne du Rdr qui traduit le sens de la lutte des républicains contre toutes formes d’arbitraire. De même, il a tenu à préciser que l’ex-secrétaire général du Rdr fut le combattant de la liberté et des droits de l’Homme et aussi victime expiatoire de l’ivoirité.
Par ailleurs, il faut noter que Djéni Kobina Georges marqua son temps tant au plan professionnel qu’au plan politique. Sur le plan professionnel, l’ex-secrétaire général du Rdr a obtenu en 1963 sa licence en histoire-géo à la faculté de Nancy-Loraine et son Capes en histoire-géo à la faculté des lettres de Poitiers 1966 : il présente le concours d’agrégation de lycée sans succès, de 1963-1966, il est membre actif de l’Ugeci (Union générale des étudiants de Côte d’Ivoire, de la section ivoirienne de la Feanf (Fédération des étudiants d’Afrique noire) de l’Uneeci (Union des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire). En 1966, Djéni est professeur certifié d’histoire-géographie n° matricule 048 795 F au lycée de Bingerville. De 1969-1970, il est proviseur du lycée classique de Bouaké. En 1970 Djéni Kobina crée avec des amis, le Synares-Ci dont il fut le premier secrétaire général, de juillet 1970 au 31 mars 1971. En octobre 1970, il est nommé directeur départemental de l’Enseignement d’Abidjan jusqu’au 31 mars 1971.
Ce 31 mars 1971, l’arrestation de Djéni Kobina avec Albert Oba à la suite du mouvement de grève déclenché à l’université d’Abidjan, il est enrôlé de force dans l’armée pendant 22 mois au Goulag ivoirien (Séguéla). En janvier 1973, il est démobilisé du service militaire forcé et nommé inspecteur général de l’Education nationale. Le 1er avril 1976, il est directeur de cabinet du ministre Yao Kouma, ministre des Affaires sociales. De 1983-1989, il est directeur de cabinet du ministre Oumar N’Daw, ministre de la Sécurité. Le 08 novembre 1989, il est nommé directeur de cabinet du ministre Auguste Sévérin Miremont et le 4 décembre 1991, il est admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Au plan politique, Djéni Kobina fut membre des instances dirigeantes du Pdci-Rda (bureau politique, comité central) jusqu’à sa démission de ce parti le 27 septembre 1994. Il est le créateur du courant de pensée au sein du Pdci dénommé ‘’Pdci-rénovation’’ dont il était le porte-parole. Il est le 1er adjoint au maire de Cocody de 1990 à 1994. Le 27 septembre 1994, Djéni Kobina créait le Rdr et en fut le premier secrétaire général. Et, le 19 octobre 1998, il quitte le monde des vivants à Abidjan.
C. M. Le Front
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