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    Réunion du bureau politique du RDR
    Alassane Dramane Ouattara :“L’ONU sera responsable de tout désordre aux prochaines élections”
    (Source: Le Patriote - Publié sur notre site le: 1/8/2007)
    Le Patriote No. 2250 du Mercredi 1 Aout 2007

    Le président Alassane Dramane Ouattara a présidé, le samedi dernier, la réunion du Bureau politique de son parti, le Rassemblement des républicains (RDR). Nous vous proposons de larges extraits de son intervention.


    Attentat contre Soro

    (…) Vous savez, quand on a une situation comme l’attentat du 29 juin, contre le Premier ministre, il faut se poser la question de savoir à qui profite le crime. Soro Guillaume est l’allié naturel du RDR. Soro Guillaume est soutenu par le RHDP. Donc, a priori, le RDR et le RHDP ne peuvent rien avoir avec cette situation. Et je peux vous confirmer que le RDR et le RHDP ont souffert de voir ce jeune Premier ministre être sous le choc de cette tentative d’assassinat. Je voudrais donc que vous acceptiez tous qu’on se lève pour observer une minute de silence pour les morts et faire des prières pour le Premier ministre et ses collaborateurs (une minute de silence). Je vous remercie. A partir du moment où il y aura une enquête internationale, nous devons laisser l’enquête se poursuivre. Mais, ce que nous demandons cette fois-ci, c’est qu’il y ait des sanctions. Pas seulement pour ceux qui ont commis cet acte horrible et odieux, mais aussi pour ceux qui l’ont commandité. Parce que le règne de la violence doit s’arrêter. Le sang a trop coulé en Côte d’Ivoire. L’impunité a trop régné dans notre pays. Il faut que cela s’arrête. Je ne pourrai pas en dire plus, sauf que je demande que nous puissions témoigner au Premier ministre et à son équipe tout notre soutien. Et que nous puissions réitérer nos condoléances aux familles des victimes. Et surtout que nous demandions que cette enquête soit transparente et que les résultats fassent l’objet de sanctions prises au niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies. Et que les personnes en question puissent être traduites devant le Tribunal pénal international (TPI).


    Yako aux Ivoiriens

    Je voudrais aussi dire toute notre compassion à nos compatriotes . Surtout les plus défavorisés. Ceux qui sont dans les conditions plus modestes. Parce que cette crie n’a que trop duré. Nous savons à quel point les Ivoiriens souffrent. Nous savons tous les sacrifices qui ont été faits. Et tous les gâchis qui en ont résulté: des centaines de milliards qui ont été utilisés pour acheter des armes et des commissions ont été empochées. Tout simplement pour s’enrichir et garder le pays dans le pays dans une situation de blocage et dans l’insécurité. Nous considérons que la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens ne méritent pas une telle situation. Nous condamnons cette manière de gouverner. Nous disons qu’il faut des élections. Il faut des élections pour que les Ivoiriens choisissent leur prochain président. Et nous savons que ces élections permettront d’avoir des personnes crédibles et honnêtes, qui n’ont jamais tué ou volé, pour diriger la Côte d’Ivoire. Je dis donc, à nos compatriotes, « Yako » et « A’ffo ». J’ai les larmes aux yeux chaque fois que je fais face à cette situation. Je n’ai jamais imaginé que mon pays serait plongé dans une tel désarroi, qu’il connaîtrait tant de désordre et que tant de crimes seraient commis. Je condamne cela. Je condamne tous ceux qui font tout pour qu’il n’ y ait pas d’élections dans notre pays. Nous avons trop attendu. Nous devrions avoir les élections en 2005. Nous ne les avons pas eues. Nous devrions les avoir en 2006. Nous ne les avons pas eues. Nous devrions les avoir en 2007. Bien sûr, elles n’auront pas lieu. Et maintenant, on nous parle de 2008. Sur cette date, on voit qu’il y encore des tentatives de retarder le processus, par des assassinats, des blocages et par toutes sortes de manoeuvres. Souvenez-vous que chaque fois que le processus qui doit démarrer avec les audience foraines est engagé, nous assistons immédiatement au désordre, ou des manifestations contre l’ONU ou des tentatives d’assassinat ou la reactivation des escadrons de la mort. Et ainsi de suite. Chaque fois que les audiences foraines doivent commencer, il y a problème. Et c’est dans ce cadre que je mets cette tentative d’assassinat du Premier ministre. Parce que, souvenez-vous que le Premier ministre allait à Bouaké pour installer les magistrats. Et que ceux-ci devaient permettre de commencer les audiences foraines. Il y a donc problème. Nous, nous voulons des élections. Nous voulons des élections démocratiques. Nous voulons des élections sans violence. Mais nous aussi, nous disons cette fois-ci que nous ne laisserons personne nous voler notre victoire à quelque niveau que ce soit. Nous ne laisserons personne nous voler notre victoire, parce que ce sera la vraie victoire. Que ce soit, aux présidentielles, aux législatives, aux municipales ou toutes les élections locales, le RDR est organisé. Et nous nous organisons, pour avoir des élections démocratiques. Tout sera mis en œuvre pour cela. Ce ne sont pas des menaces. Mais nous disons que ce combat en vaut la peine. Parce que la Côte d’Ivoire ne peut pas continuer dans cet état. Il faut qu’on y mette fin. Il faut qu’il y ait des élections l’année prochaine. Ces élections doivent permettre d’avoir un président démocratiquement élu, à une Assemblée nationale légitime et nous permettre de nous consacrer aux tâches de développement et aux tâches de construction de notre pays. Aujourd’hui, quand on arrive à Abidjan, on se croirait à Monrovia, une ville qui a connu quatorze années de guerre. Je vous demande donc de travailler à la préparation des élections, des audiences foraines à l’identification, au recensement électoral et à tout le processus jusqu’au bout. Je veux parler de ceux qui sont chargés des jeunes, des femmes, de la sécurité… Nous devons nous organiser pour assumer notre victoire, à tout prix. Et que cette victoire ne nous sera pas arrachée. Et que les tricheries des Institutions ne seront plus tolérées en Côte d’Ivoire, quelles que soient les institutions. Si on veut sortir de cette crise, il nous faut des élections démocratiques et que les accords soient appliqués.

    Suppression du HRE

    A ce titre, je voudrais dire que nous sommes déçus de l’Organisation des Nations Unies. Nous considérons que cette Institution prend une lourde responsabilité en supprimant le poste de Haut représentant pour les élections. Une décision unanime a été prise par les acteurs ivoiriens, de demander à Ban Ki-Moon de reconduire le poste et les missions notamment la mission d’arbitrage du HRE. Nous ne savons pas pour quelle raison, une décision de la Résolution 1765 est sortie en disant que ce poste était supprimé, parce qu’il coûtait trop cher. Mais, tout de même, le poste a existé pendant deux ans et demi, financé par les uns et les autres. Alors, pourquoi, tout d’un coup, on procède à la suppression de ce poste ? Et on essaie de maquiller tout cela dans des transferts de compétences au Représentant spécial du Secrétaire général. Nous disons non ! Non, nous n’accepterons pas cela. Et je dis clairement aux Nations Unies que si cette décision est maintenue, je ferai le tour du monde pour dire que tout ce qui va résulter comme désordre à l’issue des élections, sera de la responsabilité des Nations Unies. Nous les rendons responsables de tout ce qui résultera comme désordre dans ces élections. Parce que l’accord de Pretoria est clair. Nous avons dit que les élections de 2000 qui ont conduit à cette crise, c’est à cause des Institutions que sont la Cour suprême et le Conseil constitutionnel. Peut-être que le nouveau Secrétaire général de l’ONU ne connaît pas les éléments de cette crise. Mais nous trouvons cela inacceptable. Nous avons adressé dans ce sens une correspondance au facilitateur, Son Excellence le Président Blaise Compaoré. Elle sera remise dans les tout prochains jours par mes soins à la demande des présidents du RHDP et du G7. Nous continuons donc le combat sur ce point. Mais vous savez la transparence des élections dépend d’abord de nous-mêmes. Ne vous laissez pas intimider. Parce qu’il s’agit là de l’avenir de nos enfants et de nos petits enfants, de nos parents. Organisez-vous sur le terrain pour les audiences foraines, pour l’identification et pour le recensement électoral. Bien sûr, nous voulons un arbitre. Nous voulons un arbitre parce que nous ne voulons pas entrer dans la violence. Mais qu’on ne nous pousse pas dans la violence. Ne vous laissez pas faire. Il faut que nous assumions ce processus et qu’il soit véritablement démocratique. La Côte d’Ivoire ne peut plus continuer ainsi. C’est une honte que notre pays soit dans telle situation. Je vous remercie d’avance pour les dispositions que vous prendrez. Les responsables de l’élection et de l’identification sont à votre entière disposition. Nous avons parlé des questions de formation. Et je sais que les responsables de la formation renforceront le dispositif qui est mis en place, pour préparer les uns et les autres à bien voter. Pour que, cette fois-ci, nous ayons la réalité du vote de nos militants. Ce qui veut dire, la majorité dans notre pays.

    Médias d’Etat caporalisés

    J’ai également indiqué que le processus a des difficultés. Parce qu’en réalité une élection, c’est d’abord parler au peuple, aux compatriotes, aux Ivoiriens. C’est de leur dire «mesdames, messieurs, voici ce que je vais faire pour vous. Voici ce que je fais aujourd’hui. Voici ce que je ferai demain». Nous, nous pouvons faire cela avec fierté. Nous avons géré notre pays de 1990 à 1993. Même si cela fait aujourd’hui 14 ans, beaucoup se souviennent que grâce à nous, nos compatriotes se sont remis au travail. Les gens étaient à l’heure à la Fonction Publique parce que moi-même, j’étais au bureau à 7 heures du matin. Et c’est comme ça que les choses marchent. L’exemple vient toujours d’en haut. J’étais à 7 heures au bureau. Je rentrais à 14 heures. A 15 heures 30, j’étais au bureau. Amadou Gon et Henriette sont là. On quittait le bureau entre 21 heures et 22 heures. Nous avons travaillé pour la République et les résultats sont connus. Et nous allons le dire partout, sur le net, dans le bilan de notre programme. Regardez, à la date d’aujourd’hui, on nous dit que nous avons des ministères. Mais qu’est-ce qui se passe avec ces ministères ? On empêche nos ministres de travailler. Je sais que nombreux sont les hauts cadres ici qui sont en attente de nomination, depuis deux ans et demi. Le chef de l’Etat a décidé de ne pas signer de décret quand il s’agit des responsables de l’opposition. C’est aussi simple. Je sais que certains émettent des griefs contre le cabinet des ministres. C’est vrai que, dans le cabinet, on a le choix de ses collaborateurs. Mais en dehors des cabinets, impossible de nommer quelqu’un. Parce que le chef de l’Etat préfère laisser les choses en l’état avec ceux que lui a nommés en 2000. Même quand les mandats de ces personnes sont venus à expiration. Alors, pensez-vous qu’avec ça on peut nous rendre responsables de la gestion actuelle. Mais, je dis non ! Je vous dis également que ce qui importe, pour les Ivoiriens, c’est le futur. Mais, qu’est-ce que chacun de nous va faire pour les Ivoiriens ? Moi, je sais que je peux faire des choses pour les Ivoiriens. Je sais que je n’ai pas besoin d’être président pour faire des choses pour les Ivoiriens. Je l’ai déjà démontré. Et je considère que nous avons un droit à offrir notre contribution et notre compétence à notre pays. Surtout que, quand le pays est dans cet état. Je vous demande donc de vous mobiliser. Parce que je sais que le prochain Président de la République de Côte d’Ivoire s’appellera Alassane Dramane Ouattara. Vous voyez chers militants et chers responsables, c’est le point sur lequel j’allais venir. Nous sommes ensembles depuis 1999. Vous m’avez porté à la tête du RDR. Vous me connaissez. Nous travaillons ensemble au quotidien. Vous travaillez comme si vous étiez des fonctionnaires rémunérés par l’Etat de Côte d’Ivoire. Mais vous le faites gratuitement. Et vous appréciez la manière dont ce parti est géré. Alors, pour éviter que les autres Ivoiriens ne puissent connaître ce que Alassane Ouattara est capable de faire, on le prive de télévision. On le prive de radio. Et on concocte une certaine presse pour raconter des mensonges. C’est ça la stratégie. Il faut qu’on insiste là-dessus. Et qu’on dénonce la mainmise sur les Médias d’Etat. Alors, si ça continue, nous serons prêts à aller tous en prison pour libérer la télévision. Les Médias d’Etat doivent être libérés. Nous payons quand même des redevances. Nous sommes plus nombreux, donc nous en payons plus. Alors, pourquoi une minorité doit mettre la main sur la radio et la télévision et en même temps, empêcher que nous, nous puissions parler aux Ivoiriens. C’est parce qu’ils ont peur. Ils ont peur, ils savent qu’ils ne sont pas à la hauteur. Nous n’accepterons pas des élections qui se feraient sans que les Médias d’Etat soient libérés. Nous en appelons au Premier ministre de qui relève le ministère de la Communication, pour qu’il fasse tout pour ouvrir les Médias d’Etat à tous les Ivoiriens. Ce qui importe, c’est de se battre au quotidien. Il ne faut pas se lamenter. Quelles que soient les tricheries et les combines, nous allons y arriver. Nous ne devons pas accepter ce qui s’est passé en 2000, de quelque manière que ce soit. Nous serons prêts. Nous allons faire des élections. Nous les ferons dans les conditions démocratiques. Et nous allons les gagner.
    Vous avez parlé des différents crimes dont ont été victimes nos militants. Et des commissions d’enquête prévues à cet effet. Commission ou pas, ces crimes seront punis.
    Bien sûr, nous sommes dessus. Puisque les caisses de l’Etat sont maintenant utilisées pour payer et créer des partis, pour essayer de déstabiliser certains partis politiques et pour piper les élections.

    Corruption à la CNDH

    Je l’ai dit au Secrétariat général, il y a trente votants dans la commission. C’est vrai qu’on peut acheter quelques uns pour avoir la majorité, mais il y aura huit millions d’électeurs ivoiriens, on verra donc bien si ces personnes pourront acheter tous les huit millions de personnes. Et c’est d’ailleurs ce que nous disons à nos militants. Aly Coulibaly et Bamba Sogona ont passé le message que si ces gens donnent de l’argent à nos populations, qu’elles le prennent parce que ce n’est pas leur argent. C’est l’argent de l’Etat de Côte d’Ivoire. Donc ceci ne doit pas faire varier de conviction. Parce que nous nous connaissons en Côte d’Ivoire, comme on le dit. C’est notre argent. Ceci ne doit donc pas émouvoir nos militants le jour des élections.

    Gestion de la dissidence

    On nous parle aussi de la gestion des partants. Vous savez, quand quelqu’un décide de partir, c’est difficile de le retenir. Surtout si ceci semble évident. Je peux vous assurer qu’avec tous les partants que j’ai eu l’occasion d’approcher, j’ai essayé de comprendre les motifs des départs. Mais je vous avoue que je ne les ai pas trouvés ces motifs. Je crois donc que c’était des décisions déjà programmées et qui relevaient de calculs. Je crois aussi qu’il faut que les gens fassent preuve de solidarité au sein du parti. Si vous voulez partir, vous partez. Vous n’avez pas besoin d’aller prendre un micro devant la télévision pour insulter ceux avec qui vous étiez. Si vous insultez les gens et que d’autres personnes décident de vous répondre, croyez-vous que nous allons les empêcher de le faire ? Nous ne voulons pas perpétuer les petits palabres comme on le dit. Mais, il faut que ceux qui partent le fassent sans heurts. D’ailleurs, ils ne nous intéressent plus, puisqu’ils sont déjà partis. Ne nous préoccupons plus de ces gens-là. Ils sont partis.
    Mais nous espérons qu’après quelques mois d’expérience de la vie politique et quand ils entendront ce que les autres peuvent leur offrir, au moment des élections, s’ils ont la conscience nationale, ils feront des choix. Certainement, des choix qui ne devraient pas s’éloigner des nôtres.
    A tous les responsables dans cette salle, je voudrais vous dire que je suis personnellement fier de notre parti. Rien et personne ne pourra arrêter le RDR. Et ils le savent bien. Rien et personne ne pourra nous arrêter. Nous allons à la victoire. On aura des élections et nous allons les gagner. Toutes ces tentatives de retarder les élections prendront fin. S’il y a des gens qui sont sereins, c’est bien au RDR. Nous sommes sereins parce que nous sommes sûrs de gagner les prochaines élections.

    Retranscrits par Diawara Samou

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