Les 26 et 27 octobre 2000, dans les grandes villes de Côte d'Ivoire, les forces de l'ordre ont violemment réprimé la manifestations de
protestation des militants du RDR qui réclamaient que de nouvelles élections soient organisées afin de permettre aux Ivoiriens
de se choisir librement leurs dirigeants. La police a tiré à vue sur ces manifestants. Il y a eu des dizaines de morts
parmi les militants du Rassemblement Des Républicains, le Parti créé en 1994 par Djéni Kobina Georges.
Qui auraient pu penser que l'on procéderait à des massacres humains pour conserver un pouvoir politique. Le sang de nombreux ivoiriens a
coulé. Mais le sang de personnes qui n'avaient rien à avoir avec ces manifestations a aussi coulé. Certains ont été retrouvés abandonnés
dans une forêt… Ce sont les morts du charnier.
Si le 9 novembre 2000, le gouvernement ivoirien avait tenu à organiser des obsèques national pour
"ceux qui sont morts pour porter Gbagbo au pouvoir", le 12 novembre 2000, le RDR et toute
sa direction du RDR, ainsi que de nombreux Ivoiriens, anonymes et hommes publics, rendirent un vibrant hommage à
ceux à qui le pouvoir reprochait le crime d'avoir protesté pour réclamer un peu de démocratie. Oui ! Ils sont morts pour avoir
réclamé un peu de démocratie. C'est pourquoi, par dizaines de milliers, les Ivoiriens se sont mobilisés
ce dimanche 12 novembre 2000, pour conduire ces "combattants de la démocratie" à leur dernière
demeure, comme il l'avait fait le samedi 31 octobre 1998, lorsqu'ils conduisirent au même lieu Djéni Kobina.
|