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    Tuéries des 25,26, 27 mars 2005

    Les 25, 26, 27 mars 2004, au moins 300 ivoiriens tombaient sous les balles de la gestapo des refondateurs.
    Leur crime: Avoir voulu marcher pacifiquement pour exiger l'application stricte des accords de Marcoussis.
    Ce ènième carnage de Gbagbo est devenu pour lui, une routine. Tous ceux qui ne sont pas pour lui sont des cheins à abattre et comme ils le aime à le dire: "1000 de tombés à gauche, 1000 à droite, moi j'avance".
    Monsieur Gbagbo Laurent, avance dans le sang de milliers d'innocents. Le gouffre n'est pas loin

    Source: Le Nouveau Réveil du 25 Mars 2005

    25 mars 2004-25 mars 2005 : Il y a un an, Gbagbo faisait tuer au moins 120 Ivoiriens selon l`ONU


    25, 26 et 27 mars 2004, il y a tout juste un an. Pour avoir voulu manifester pacifiquement son désir de paix à travers l'application dans la lettre et dans l'esprit des accords de Linas Marcoussis et d'Accra II, l'opposition ivoirienne légale allait faire les frais de la barbarie d'un régime, celui de Laurent Gbagbo. Bilan 500 morts selon le G7, au moins 120 morts selon l'ONU. Retour sur un drame qui a révélé au monde le vrai visage du dictateur d'Abidjan.

    Le 25 mars, au petit matin, on ne vit pas de marcheurs dans les rues d'Abidjan mais des cadavres couchés ou des blessés gisant dans leur sang à travers tout le district d'Abidjan. C'est que la marche pacifique projetée par le PDCI, le RDR, l'UDPCI, et le MFA n'a pas eu lieu, elle n'a même pas commencé que la répression a été lancée à la porte des présumés marcheurs. Des éléments des forces régulières appuyés par les miliciens armés de Gbagbo ont bien exécuté la mission qui leur avait été confiée de "faire régner l'ordre sur Abidjan". En effet le 22 mars, le Président Laurent Gbagbo signait un décret de réquisition de l'armée nationale pour faire respecter sa décision de ne tolérer aucune marche dans le district d'Abidjan. Le ministre de l'Education nationale Amani N'guessan Michel (FPI) mettait en congé forcé tous les élèves et fermait tous les établissements scolaires. Car dans leur intention de réprimer qui était antérieure à la marche, les refondateurs ne voulaient pas être gênés par les mouvements d'écoliers dans la capitale. Ils ne voulaient pas avoir à confondre ces opposants épris de paix aux élèves. Toujours dans cette logique répressive, le commandant du palais déclarait le Plateau zone rouge et prévenait que quiconque s'y aventurait serait abattu sans sommation.

    Finalement l'on s'est rendu compte très vite que plus que le quartier du Plateau c'est toute la ville d'Abidjan qui était une zone rouge ce 25 mars 2004. Il était encore 5 heures du matin lorsque le premier mort était signalé à Yopougon du côté de Wassakara. A partir de cet instant, le téléphone ne s'arrêtera plus de crépiter. Les victimes des tueurs de Gbagbo embusqués dans tous les coins et recoins d'Abidjan se succèdent.

    5 morts à Yopougon, dix à Abobo, 3 à Adjamé, 1 à Treichville, 2 à Port-Bouet, 4 à Koumassi. Et la comptabilité macabre ne s'arrêtera plus. Le nombre des victimes gonflait d'instant en instant, d'heure en heure.
    Le cas le plus dramatique s'est produit à Port-Bouet où un jeune garçon de 13 ans (ses parents sont FPI), ignorant ce qui se passait dehors était allé faire une course pour son père, allait être fauché par une grenade lancée depuis un MI-24. L'enfant prend la grenade au bas ventre, mais il n'a pas connaissance qu'il vient d'être mortellement atteint. Il se relève et tente une échappée pour suivre la débandade collective. Il trébuche, tombe, la grenade fait son effet, son camarade voit qu'il est couvert de sang. Des âmes généreuses tentent de le secourir. Pris à bras le corps par un inconnu, le petit garçon est transporté à l'hôpital de Port-Bouet. Mais il succombe à ses blessures quelques minutes après son évacuation. L'émotion et la désolation sont à leur comble à Port-Bouet où on ne parle que de ce drame.

    Durant toute la journée du 25 mars, les populations d'Abidjan sont soumises à une réclusion à domicile par un régime en folie qui tue, qui abat sans sommation des manifestants aux mains nues. Aussi, très rapidement l'opération de "maintien de l'ordre", va se transformer à une chasse à l'homme, à une traque jusque dans les domiciles d'où la plupart des victimes seront extraites, nuitamment. Et cela va durer trois jours et trois nuits. Pendant lesquelles tous les opposants au régime de Laurent Gbagbo seront obligés de se terrer comme des souris pour survivre à l'appétit du chat affamé d'os, de chairs et de sang. Après l'enfer, l'opposition dénombre plus de 500 morts et plus de 1000 disparus. Une commission d'enquête immédiatement mise à l'ouvrage par l'ONU parle d'au moins 120 morts et impute ces assassinats massifs à de "hautes personnalités de l'Etat" et à des miliciens armés proches du pouvoir.

    Quelques jours après l'effroi, le Président Laurent Gbagbo reçoit au palais présidentiel les chefs d'armée qu'il félicite pour le bon travail. Car, dira-t-il, ceux qui ont voulu manifester voulaient en fait faire tomber son régime.
    Plus qu'un certain 18 février 1992, les 25, 26 et 27 mars 2004 furent un enfer, un cauchemar, une barbarie signée L. G. Le dictateur d'Abidjan venait ainsi de faire une entrée fracassante au panthéon des grands dictateurs africains.



    Akwaba Saint-Clair


    la démocratie version refondateurs
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