Djéni Kobina Kouamé est né, d’une naissance gémellaire, un jour du 8 août 1937 à Gagnoa où résidaient, pour des raisons professionnelles, ses parents, Djéni Pahan, son père né en 1905 à Grand-Bassam-Azuretti, et Yao Eba, sa mère née en 1917 à Grand-Bassam, tous deux d’ethnie N’zima communément appelée appolonien.
Le jeune Djéni Kobina Kouamé effectua son cycle primaire à l’école publique de Soubré où il est entré en 1944-1945, pour en sortir en 1949-1950 avec le Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires (CEPE).
A l’issue du Cours Moyen deuxième année (CM2), il fut orienté au Collège Catholique de Daloa, pour effectuer son cycle secondaire qui sera sanctionné par le Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC) en 1954.
Monseigneur Noël Kokora Tékry qui officiait dans cet établissement, témoigne : ‘’ Les jeunes gens allaient jusqu’au BEPC, puis ils revenaient enseigner dans les missions qui les ont envoyés’’, (voir le quotidien ‘’Le Jour’’ des 24 et 25 Octobre 1998, P 3).
Ainsi, conformément à une exigence contenue, probablement, dans le règlement du Collège Catholique de Daloa, M. Djéni Kobina Kouamé enseigna à l’Ecole Régionale de Soubré de 1954 à 1956, comme instituteur .
Sans doute, sa carrière professionnelle d’enseignant a été conditionnée et s’est ressentie de cette expérience.
Abandonnant ’’la craie’’, il revint à Abidjan pour s’inscrire au Lycée Classique, en 1956.
Fait remarquable, pendant tout le premier trimestre de l’année scolaire 1956-1957, M. Djéni Kobina Kouamé assista aux cours, sans faire partie des effectifs de la classe où il s’installa , avec la bienveillance du Proviseur, M. Guy Zoff.
Elève sérieux et studieux, il le fut selon le jugement de parents et amis d’alors.
Elève brillant, il le fut également, puisqu’il sut se faire remarquer dans sa classe, en étant des meilleurs élèves. Juste récompense de son courage et de son mérite, il fut inscrit, finalement et de façon officielle , sur la liste des effectifs du Lycée Classique, au terme du premier trimestre, avant de se voir attribuer la bourse, à partir de la classe de Première (1ère), au début de l’année scolaire 1957-1958.
Après l’obtention du diplôme du Baccalauréat série Sciences Expérimentales, 1ère partie en 1958, et 2ème partie avec la Mention Assez-Bien, qui mit fin à ses études secondaires en 1959, il fut envoyé en France par le Gouvernement, avec une Bourse d’Etat, en vue de poursuivre ses études universitaires.
A la rentée universitaire 1959-1960, M. Djéni Kobina Kouamé s’inscrit à la Faculté des Lettres de Nancy-Lorraine où il obtint sa Licence d’Histoire-Géographie en 1963. Puis, il s’inscrit à la Faculté des Lettres de Poitiers. Il y obtint le CAPES en Histoire- Géographie, mais présente sans succès le concours d’Agrégation de Lycée, en 1966.
Pendant tout son séjour d’études en France, M. Djéni Kobina Kouamé mena une vie associative et surtout syndicale pleine. Celle-ci n’est d’ailleurs pas étrangère, ni à son charisme, son courage, sa détermination, autant de traits de caractère que lui reconnaissent ses adversaires politiques, ni à son engagement politique ultérieur.
De 1963 à 1966, il fut membre actif des mouvements syndicaux estudiantins ci-après en France :
Union Générale des Etudiants de Côte d’Ivoire (UGECI),
Fédération des Etudiants d’Afrique Noire, section de Côte d’Ivoire (FEANF-CI),
Union des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire (UNEECI).
Au terme de ses études universitaires, il rentre en Côte d’Ivoire, en 1966, pour être engagé à la fonction publique, sous le matricule n° 048795 F, comme Professeur Certifié. A ce titre, il fut affecté au Lycée de Bingerville.
Il servit à ce poste jusqu’à la rentrée 1968-1969, avant d’être nommé, à la rentrée scolaire 1969-1970, comme Proviseur du Lycée Classique de Bouaké, puis Directeur Départemental (ou Directeur Régional) de l’Enseignement d’Abidjan en Octobre 1970.
Il occupera ce poste jusqu’au 31 Mars 1971, date à laquelle il fut arrêté avec Albert HOBA, suite à un mouvement de grève déclenché à l’université et enrôlé de force dans l’armée pendant vingt deux (22) mois.
A sa libération du service militaire forcé en Janvier 1973, il fut nommé Inspecteur Général de l’Education Nationale, puis successivement le 1er Avril 1976, Directeur de Cabinet du Ministre des Affaires sociales, M. Kouma Yao, de 1983 à 1989 Directeur de Cabinet du Ministre de la Sécurité M. Oumar N’daw et le 8 Novembre 1989 Directeur de Cabinet du Ministre Auguste Séverin Miremont. Par arrêté du 4 Décembre 1991, il sera admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Au cours de sa carrière professionnelle longue et riche, M. Djéni Kobina Kouamé fit montre d’un engagement syndical et politique que chacun s’accorde à qualifier d’exemplaire.
Au plan syndical, il créa en 1970, avec des amis enseignants, le Syndicat National des Enseignants du Second degré de Côte d’Ivoire (SYNESCI) dont il fut le premier (1er) Secrétaire Général de Juillet 1970 au 31 Mars 1971.
Au niveau politique, il milita activement en France au sein du Mouvement Ivoirien de Libération, une formation politique d’inspiration de gauche. Comme la plupart de ses amis de formation de gauche d’alors, il milita dès son retour en Côte d’Ivoire, au sein du Parti au pouvoir, le PDCI-RDA. Il en fut membre des instances dirigeantes, Bureau Politique et Comité Central jusqu’à sa démission tacite le 27 Septembre 1994.
En 1990, avant même la réinstauration du multipartisme, il créa avec d’autres militants, un courant de pensées au sein du PDCI-RDA, dénommé PDCI-Rénovation et en sera le Porte-Parole, poste tenant lieu de poste de Président.
A la suite du Congrès de 1990 du PDCI-RDA, il sera nommé au Secrétariat Général de ce parti, en tant que Secrétaire National, Chargé des Relations avec les autres partis.
Candidat aux élections municipales de 1990, il est élu sur la liste PDCI-RDA du consensus dirigée par l’actuel Maire d’Abidjan-Cocody, M. Mel Eg Théodore.
Il sera le premier (1er) Adjoint au Maire de Cocody, jusqu’en 1994.
Enfin, au décès de feu le Président Félix Houphouët-Boigny, en sa qualité de Porte-Parole du courant PDCI-Rénovation, M. Djéni Kobina Kouamé interpella les instances du PDCI-RDA sur la nécessité de la tenue d’un Congrès Extraordinaire.
A travers ce congrès, il voulait que le poste de Président de son Parti d’alors, le PDCI-RDA, devenu vacant, soit pourvu, et que le Parti lui-même, soit modernisé, dans ses structures, son discours et ses pratiques, afin de lui donner un souffle nouveau.
Devant le silence de la Direction du PDCI-RDA, il menace et crée, avec certains de ses amis du PDCI-Rénovation, ainsi qu’une grande partie des partisans du Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara, un nouveau courant d’idées, le Rassemblement Des Républicains (RDR)
Sous la pression de ses déclarations et prises de positions, notamment dans la presse, en tant que Porte-Parole de ce nouveau courant, le Congrès Extraordinaire qu’il réclamait finit par se tenir.
Mais il ne put prendre la parole comme il le souhaitait. Alors, lui et ses amis transformèrent le RDR en un parti libéral se situant au Centre-Gauche de l’échiquier politique national ivoirien. Les actes constitutifs de ce nouveau Parti seront déposés au Ministère de l’Intérieur le 27 Juin 1994.
A l’issue de son congrès Constitutif, qui s’est déroulé les 1er et 2 Juillet 1995 à Abidjan, M. Djéni Kobina Kouamé sera élu, à une écrasante majorité, comme Secrétaire Général du RDR, poste qu’il animera avec dévouement, désintérêt, loyauté, droiture et dignité auquel il avait fini par s’identifier.
Ce n’est donc pas un hasard si, pour les militantes et les militants du RDR, l’appellation ‘’SG ‘’ ne peut pas désigner autre chose ou une autre personne que M. Djéni Kobina Kouamé.
Le "SG", M. Djéni Kobina Kouamé, a été un battant et un combattant, comme l’atteste son parcours élogieux.