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    Je me présente. Je suis Alassane Ouattara, né le 1er janvier 1942 à Dimbokro comme l’atteste mon acte de naissance.
    La déclaration de naissance établie par le Médecin Capitaine BERGOUNIOU peut être consultée à tout moment et en toute liberté à Dimbokro.
    Mon père s’appelait Dramane Ouattara et ma mère s’appelle Nabintou Ouattara née Cissé.
    Mon père Dramane Ouattara est Ivoirien. Il est de Kong en Côte d’Ivoire, descendant de l’Empereur Sékou Ouattara, bien connu des historiens de notre pays.

    Après avoir été enseignant, il est devenu représentant de la CFAO et commerçant.
    De Kotobi, il s’est installé à Dimbokro où je suis né et où se trouve encore notre cour familiale, occupée aujourd’hui par mon frère Sinali.
    Dramane Ouattara est très connu dans la boucle du cacao à Bongouanou, à Kotobi où est né Gaoussou, mon grand frère, présent dans cette salle.

    Mon père a eu à exercer à Sindou non loin de la frontière ivoirienne, les fonctions de chef traditionnel de village. Sindou faisait partie de l’ancien empire de Kong qui couvrait alors une partie de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Ghana.

    Je suis de la lignée de l’Empereur Sékou Ouattara, fondateur de l’Empire de Kong au début du 17ème siècle.

    Le 1er de mes ancêtres qui a foulé notre sol vers les années 1700 s’appelait Tiéba. Il était accompagné de ses enfants Sékou (dont je suis de la sixième génération), Famagan, Dabla et Karakara.
    C’est son fils Sékou qui a est le fondateur de Kong.
    Sékou Ouattara, souverain des Etats de Kong a donné naissance à Djoridjan Ouattara, qui lui-même a donné naissance à Soumaoulé Ouattara, qui à son tour a mis au monde Aboubacar Ouattara, mon grand-père. Et c’est vers 1888 que naquit mon père Dramane Ouattara.

    Vous savez que je parle d’une époque où les frontières n’existaient pas.

    Nos traditions et les règles de succession dans ces chefferies ignoraient les frontières héritées de la colonisation.

    C’est ainsi que conformément aux règles et procédures de succession propres à chaque communauté, mon père un Ivoirien authentique, descendant de Sékou Ouattara s’est retrouvé chef à Sindou.

    Bien qu’étant chef à Sindou, il n’a jamais cessé d’être Ivoirien. A preuve, à chacun de ses passages entre la Haute-volta et la Côte d’Ivoire, les autorités frontalières constataient ses allées et venues dans son passeport ivoirien.

    Nos parents Akan savent bien de quoi je parle.

    Ainsi, des Ivoiriens règnent sur des villages situés au Ghana et en Côte d’Ivoire des Ghanéens sont chefs.
    C’est le cas du Roi de Krinjabo dans le Samwi qui a été Capitaine de l’armée ghanéenne.

    Une anecdote : Quand mon père était à Sindou, il avait sa grande radio Grundig fixée en permanence sur les fréquences des émissions de la radio ivoirienne parce que à tout moment, il voulait des nouvelles de chez nous. Pour lui, c’était le fil qui le rattachait à son pays en dehors des visites qu’il recevait et des voyages qu’il effectuait à Dimbokro et à Kong.

    Faut-il encore le rappeler? Mon père, Dramane Ouattara, n’a jamais été voltaïque ou burkinabé.

    J’en veux aussi pour preuve sa carte nationale d’identité établie le 20 mars 1963 à Dimbokro par le commissaire de police de l’époque et non en 1952. La voici !
    Le Directoire du Forum en a pris connaissance.

    Quant à ma mère, elle est originaire de Gbéléban dans le département d’Odienné.

    Elle est née à Dabou où mon grand-père Ibrahim Cissé a passé une bonne partie de sa vie au quartier Dioulabougou, entre la gare routière et la Mosquée. Mes compatriotes Adjoukrou le connaissaient très bien. Il avait des plantations à Akakro où je suis allé bien souvent le voir. Tenez, l’un de mes oncles s’appelait Mamadou Akakro.
    J’ai eu la chance d’avoir une mère dont les parents étaient amenés à se déplacer beaucoup hors de Côte d’Ivoire à cause de leurs activités. Ils étaient pour cela obligés d’avoir des papiers. A titre d’exemple, ma mère m’a remis le passeport de mon grand-père Ibrahim Cissé, né en 1868 à Gbéléban, passeport que voici.
    Il est disponible donc et il peut être consulté à tout moment.
    Ainsi, mon grand-père maternel est bien Ivoirien. Donc, Nabintou Cissé, sa fille, l’est aussi. Elle est encore vivante et Dieu merci, elle se porte bien. Elle est ici dans cette salle.

    Figurez-vous, que dans la campagne de dénigrement qui avait été orchestrée contre moi, on avait prétendu qu’elle n’était pas ma vraie mère ! Alors, nous nous sommes volontairement soumis à un test ADN, ma mère, mon frère Ibrahim qu’on appelle « photocopie » tellement il me ressemble, mes deux sœurs de « même mère et de même père », comme on le dit couramment chez nous, Rockya et Sita. Le test ADN est formel. Il confirme sans ambiguïté aucune que Nabintou Ouattara, née Cissé, est bien ma mère et que je suis bien son fils. Le test ADN est à la disposition du Directoire.
    De même, Ibrahim, Rockya et Sita sont reconnus comme étant ses enfants, et donc bien mon frère et mes sœurs.

    Or, ils sont tous reconnus comme étant ivoiriens.

    J’ai d’autres frères et sœurs. Je ne voudrais pas les nommer tous. L’un de mes aînés s’appelle Yssouf. Il réside à Treichville. Il est même dans cette salle. Il est Ivoirien.

    Sa mère est Adjoukro. Elle vient de Kosrou.

    En conclusion, mon père est Ivoirien de naissance, ma mère est Ivoirienne de naissance, Voici l’original de la CNI de ma mère.

    mes grands-parents sont Ivoiriens de naissance, mes frères et sœurs sont tous Ivoiriens de naissance. Tous ont leur certificat de nationalité ivoirienne, sauf moi.

    Que suis je alors ? Qu’ai-je donc fait pour être différent ?


    Qu’est-ce qui peut justifier cette conspiration contre ma personne ?

    Est-ce parce que j’ai abandonné mes fonctions de Directeur Général Adjoint du Fonds Monétaire International en 1999 pour répondre à l’appel du RDR ?

    Est-ce parce que j’ai accepté d’en être son Président, puis son candidat ?

    Est-il normal qu’on inflige à une mère de plus de 80 ans une telle humiliation en la soumettant à un interrogatoire de plus de quatre heures au motif qu’elle n’est pas ma mère ? Vous chers compatriotes, qui d’entre vous accepterait que sa mère subisse un tel traitement ?

    Une telle attitude est indécente et contraire à notre culture et à la dignité humaine.

    J’aime ma mère comme je respecte la mère de chacun d’entre vous. Ma mère ne peut pas être la cible des folies de certains hommes politiques. Non contents de chercher à me «voler» ma nationalité, mes adversaires veulent m’arracher l’être qui m’est le plus cher au monde.

    Hadja ! Je te demande pardon pour tout ce que tu as subi à cause de moi. Je te serais reconnaissant toute ma vie pour ton courage, ton soutien moral et tes prières pour que la vérité apparaisse au grand jour.


    Est-ce normal, parce que j’ai décidé de me mettre au service de mon pays, qu’on traque mes proches, qu’on poursuive et assassine tant de militants et sympathisants du RDR ? Est-ce normal qu’on ait cherché à kidnapper mon épouse le mardi 3 octobre 2000 et à nous tuer le 26 octobre 2000 en attaquant notre résidence ?

    Est-ce normal qu’on ait jeté en prison en octobre 1999, Madame le Ministre Henriette Dagri Diabaté, femme de convictions, et de nombreux responsables du RDR parce que tout simplement, ils ont manifesté leur indignation face au traitement qui était infligé à notre parti et à ma personne, à la Radio et à la Télévision Nationales ?
    Chaque année, je venais passer mes vacances scolaires soit à Dimbokro soit auprès de mes oncles maternels à Gagnoa.
    C’étaient de grands commerçants. Abdoulaye Cissé et Feu Mamadou Cissé dit Mamadou Akakro m’ont permis de parcourir la Côte d’Ivoire à bord de leurs camions (les T45). Lakota, Divo, Gagnoa, Man, Abengourou, San Pédro étaient quelques unes de leurs destinations. Grâce à eux, j’ai eu l’avantage de découvrir très jeune la Côte d’Ivoire profonde.
    Avant de quitter le registre familial pour aborder mon cursus scolaire et ma carrière professionnelle, je voudrais ajouter que j’ai été marié une 1ère fois avec une américaine – et non une jamaïcaine -.

    Je me suis remarié en 1991 avec Dominique Nouvian qui est française.

     

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